Le BDSM : un désir sexuel courant

Par Sara Taels, diplômée en sexologie et consultante pour le groupe Beate Uhse, dont fait partie Adam et Eve

Nous avons une certaine image de ce que doit être la sexualité, et cette image est déterminée par notre culture. Lors de mes consultations en sexologie, on me demande souvent : « Ai-je une sexualité normale ? ». Nous nous fions à la vision que la société a de la ‘normalité’, et quand nous voulons savoir où nous nous situons sexuellement, nous nous rendons compte que rien n’est vraiment normal ou anormal.

Sexualité normale

Foto_FRDans notre société, on considère comme sexualité normale les pratiques et désirs sexuels les plus courants. Cet état d’esprit suggère implicitement l’anormalité des autres pratiques sexuelles, créant un fossé entre ‘nous’ et ‘eux’. La société nous impose une certaine forme de sexualité, alors on l’accepte et on la soutient. Ce qui devient une prophétie auto réalisatrice*.

* Ce qui n’était d’abord qu’une croyance finit par se réaliser sous l’effet d’un changement de comportement.

 

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Sexualité anormale dissimulée derrière un tabou ou un secret

Il est évident que la fréquence d’une pratique ou d’un désir sexuel ne détermine en rien la normalité ou l’anormalité de l’acte. Le sexe est et reste un sujet pour lequel nous ne sommes pas toujours honnêtes et qui suscite encore des tabous.
Une étude dévoile que certains désirs sexuels, pourtant considérés comme anormaux dans notre culture, sont très souvent pratiqués.
En réalité, peu de gens osent avouer qu’ils sont adeptes du BDSM. Ce sont nos recherches via Google qui rétablissent la vérité : les analyses de données montrent qui nous sommes vraiment et ce que nous recherchons souvent en matière de sexualité.

 

Le fantasme du BDSM

BDSM est le sigle de Bondage (plaisir de limiter la liberté de mouvements), Domination (plaisir de dominer) – qui va de pair avec la Soumission (plaisir d’être dominé(e)), Sadisme (plaisir d’infliger une douleur) et Masochisme (plaisir de se faire infliger une douleur).
L’effervescence autour de ’50 Nuances de Grey’ le prouve : le BDSM est bien plus populaire qu’on l’aurait imaginé. L’étude canadienne réalisée par Joyal, Cossette et Lapierre (2014) sur les désirs sexuels inhabituels l’écrit noir sur blanc : le BDSM n’est pas une pratique inhabituelle mais parfaitement normale !

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Il est temps de changer notre vision

Les normes et valeurs sexuelles changent à travers les époques.
Ainsi, l’homosexualité a été considérée pendant des années comme une maladie, un comportement anormal. En 1973, elle a été rayée des troubles psychiques du DMS (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). Cet ouvrage toujours utilisé sert de support pour traiter les patients. Dans la 5e édition du DMS (2013), le sexe dépravé (BDSM, fétichisme, travestisme) a également été rayé des maladies psychiques et est considéré comme ‘paraphilie’ (attirances sexuelles qui diffèrent des actes habituels). L’étude canadienne va encore plus loin en classant le BDSM comme pratique courante.

 

Liberté sexuelle

Foto_3_FRDerrière le masque de la gêne, il semblerait que nous ayons tous des fantasmes ou comportements pervers. C’est tout à fait normal. Ça ne devient un problème que si nous nous mettons à juger les autres, ou si nous ressentons une honte ou une angoisse par rapport à nos propres désirs sexuels et refoulons une partie de notre identité sexuelle.

Prenez vos désirs sexuels comme source d’inspiration. Libérez vos fantasmes, tant que ça ne nuit ni aux autres ni à vous-même.

 

Adam et Eve

 

 

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Bron:
DOI: 10.1111/jsm. 12734

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