Le polyamour : le modèle de relation de demain ?

Hier, je suis allée checker mon forum habituel, et j’y ai trouvé, entre autres compliments sur mes photos, un message où l’on me demandait : “Au fait, êtes-vous polyamoureuse ?”

Le polyamour

PolyamourPoly-quoi ? Une petite recherche sur internet m’indique : le polyamour est un mode de vie où l’amour entre plusieurs personnes est légitime. Un “poly” ne se contente pas d’aimer une seule personne, mais en aime deux à la fois. Ou trois. Ou quatre. Et tout ça ouvertement, pas dans le cadre de relations secrètes, mais bien d’une relation “officielle” – à laquelle participent toutes les personnes concernées. Il s’avère qu’il existe un groupe concernant cette pratique au sein même du Joyclub en Allemagne, qui compte 867 membres.

Tout cela a tendance à me rappeler l’esprit Woodstock… En réalité, rien à voir. Si l’ancien idéal hippie avait pour thème principal la sexualité, dans les relations polyamoureuses (qui n’ont rien à voir avec l’échangisme), l’accent est mis sur des émotions réelles et la construction de relations de long terme. Les “polys” ne croient pas en un amour exclusif entre deux personnes.

 

Cette pratique déjà bien connue aux États-Unis (la société “Loving More” compte plus de 20 000 adeptes) fait de plus en plus d’émules en Europe. Avec des soirées spéciales, des forums de discussion, des chats et des blogs. On estime en Allemagne entre 600 et 6 000 personnes. Certains partagent un appartement. D’autres ont tissé une toile de relations amoureuses dans le monde entier.

 

La monogamie, c’est du passé

Comment expliquer ce phénomène ? Peut-être est-il dû au fait que, dans les grandes villes, 50 % des relations de couple se terminent par un échec ? Peut-être au fait que sur 1 000 couples mariés, en Allemagne, 11 divorcent chaque année ? Ou bien est-ce parce que nous cherchons toujours plus de satisfaction individuelle ?

 

Tout cela participe sans doute. Ce qui est évident, c’est que certaines pratiques amoureuses, longtemps considérées comme une offense aux bonnes mœurs, ne sont plus en marge de la société et ont tendance à se banaliser (ex : le BDSM). Au lieu de suivre des préceptes moraux généraux, on choisit plutôt des arrangements individuels. Une relation monogame et hétérosexuelle n’est, depuis bien longtemps, plus qu’une option parmi d’autres. Et ce n’est pas sans raison que Facebook propose une liste de choix parmi ses statuts de “relations” dans laquelle une option “c’est compliqué” figure au côté d’autres choix plus consensuels.

 

La jalousie est un vilain défaut

Compliqué, voilà bien le mot qui convient. Car la jalousie – même si quelques adeptes affirment individuellement le contraire – est bien le plus gros problèmes des polyamoureux. D’autant qu’elle est considérée par les “polys” comme un très vilain défaut. “On est jaloux lorsque l’on croit être le propriétaire de quelqu’un, la jalousie est synonyme d’insécurité” : voilà en bref l’un des mots d’ordre de ce mouvement.

 

Mais la jalousie fait bien partie de la gamme des émotions humaines, et on ne peut pas s’en débarrasser comme d’une simple grippe. Quelles qu’en soient les raisons et l’analyse, les sentiments sont imprévisibles.



Par ailleurs, j’admets me poser la question : est-il vraiment possible d’offrir vraiment à de multiples partenaires un amour à 100% ? Et qu’en est-il de l’exclusivité, de ce sentiment extraordinaire d’être le monde entier aux yeux de quelqu’un ? L’amour partagé ne tend-il pas à s’effilocher ? Les dernières gouttes de romances ne finissent-elles pas par se perdre ?

Aimer une personne ou plusieurs, c’est une question à laquelle, en fin de compte, chacun doit répondre pour lui-même. Plus important que la forme que prennent nos relations, ce qui compte vraiment c’est de rechercher sa propre vérité.

Eve.

 

Adam et Eve

 

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