Les testicules : des symboles de virilité

Les testicules, des symboles de virilité : l’exemple du cancer.

Anatomie des testicules

Les testicules sont placés à l’extérieur de la cavité abdominale de façon à maintenir une température inférieure à celle du corps (-37°), condition indispensable pour que le processus de transformation des spermatozoïdes se fasse normalement. Celui-ci dure environ 74 jours, 100 millions de spermatozoïdes étant produits chaque jour.

testicules-statuesChaque testicule se compose de deux parties : le testicule proprement dit et l’épididyme. Ils deviennent fonctionnels au moment de la puberté. Ils sont de formes ovoïdes et mesurent environ 4 cm de long et 2,5 cm de large. Le gauche est en général plus bas que le droit car un peu plus lourd. Ils pèsent entre 18 et 22 g. La chaleur les fait descendre pour leur permettre de se refroidir alors qu’ils remontent pour garder la température constante lorsqu’il fait froid .

Fonctions des testicules

Les testicules ont deux fonctions. Ce sont des organes glandulaires qui produisent l’élément principal du sperme, les spermatozoïdes ainsi que les hormones masculines, responsables des caractères sexuels secondaires chez l’homme (voix grave, pilosité…).

Traumatismes du testicule

Voici les principaux traumas chez l’adulte :

  • L’hématome
  • Les inflammations : les orchites, le virus ourlien responsable des oreillons à l’âge adulte qui expose au risque de stérilité…
  • La torsion : le risque est la mort du testicule si la circulation n’est pas chirurgicalement rétablie sous quelques heures.
  • Le cancer
  • L’insuffisance de son développement : c’est ce qui se passe dans des maladies génétiques comme le syndrome de Klinefelter.
  • Les tumeurs du testicule bénignes comme les varicocèles.
  • L’insuffisance de sécrétion de testostérone dont la cause peut être une insuffisance hypophysaire.

L’impact d’un trauma lourd sur la sexualité : le cancer des testicules

La Société française de psychologie-oncologie a fait le constat que sur 100 patients atteints d’un cancer, 75% souffrent de problèmes sexuels une fois leur traitement terminé. Un cancer des testicules est souvent un véritable choc psychologique. Associé aux images de souffrance, de déchéance et de mort, le cancer remet en jeu le sentiment de virilité de nombreux hommes. Il diminue leur capacité de séduction, l’intérêt sexuel et pour certains, modifie ou supprime l’érection et l’éjaculation.

La puissance, la performance, la virilité sont des images masculines dominantes que l’on retrouve dans la sexualité. Les hommes veulent acquérir et conserver ces représentations par une bonne fonctionnalité et une esthétique agréable de leur appareil génital. Ils sont habités par des symboles très forts que l’on retrouve dans le langage courant : « les bijoux de famille », « il a des couilles »… Difficile alors de ne pas être troublé quand la maladie vient entâcher ces précieux emblèmes.

Le cancer ébranle ces stéréotypes de vigueur masculine avec, de surcroît, des préoccupations concernant la fertilité pouvant compromettre l’engagement ou la continuité d’une relation intime. Les traitements oncologiques modifient l’image corporelle et ses séquelles, engendrées par les cicatrices ou les stomies fragilisent l’individu en le rendant vulnérable, à ses yeux et au regard des autres. Le manque de confiance, la dévalorisation prennent alors place pendant mais aussi après la prise en charge médicale : il faut reprendre une place au sein du couple, de la famille et / ou auprès des partenaires sexuels… Pour un certains nombres, ce n’est pas forcément plus difficile qu’auparavant, spécifiquement pour ceux qui désirent, après un impact psychique et physique aussi impactant, se (re)-trouver plus en phase avec leurs réels besoins.

La prise en charge sexothérapeutique

Le degré de la place de la sexualité dans la vie d’un individu influence évidemment sa capacité à plus ou moins bien vivre cette étape de vie. La présence ou l’absence d’un(e) partenaire joue également un rôle très important dans le maintien ou l’effacement de la sexualité.

Les testicules : une zone érogène pour vous ?

Un travail sur la maladie, les pertes et les peurs potentielles que le cancer engendre sont nécessaires. L’homme atteint peut avoir peur de mourir, d’être mutilé, de ne plus pouvoir séduire, de perdre sa capacité à être aimé, de perdre sa fonctionnalité sexuelle…

Les objectifs sont divers mais toujours en lien avec la demande du patient :

  • Développer ou raviver la communication au sein du couple. Qui est le plus affecté ? Quelle est la nouvelle place de chacun face ou après la maladie ? Pour nombre de patients, par gêne ou tabous, parler de leur sexualité, surtout si elle est défaillante, reste impossible. Pourtant, l’épanouissement mutuel n’est possible que si le couple partage ses ressentis positifs et négatifs, si il exprime la réalité du quotidien. Le déni ou les non-dits ne provoquent que de la frustration et de la confusion.
  • Rappeler que l’abstinence sexuelle n’est pas nécessaire.
  • Rechercher et traiter tout symptôme associé au cancer car il peut avoir une incidence sur la libido.
  • Faire admettre que la sexualité ne repose pas uniquement sur l’aspect physique. Apprendre de nouvelles façons de donner et recevoir du plaisir peut être un nouveau piment ! D’autres caresses, d’autres pratiques, d’autres positions ramènent un nouveau désir, tout en dissimulant, si la gêne est trop intense, les parties du corps sensibilisés que l’homme ne veut plus montrer.

 

Comment repérer un cancer des testicules ? Voici un article instructif à découvrir.

Milène Leroy

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