L’influence des cycles féminins sur le désir

Le désir sexuel de la femme est-il dicté par le cycle menstruel ? La sexologue Milène Leroy nous explique.

Cycle menstruelDe quoi parle-t’on ?

Le cycle féminin commence le 1er jour des règles et se termine la veille du 1er jour des règles suivantes. Un exemple avec un cycle de 28 jours : si le 1er jour des règles est le 1er du mois alors le 1er jour des règles suivantes sera le 29 du mois. Cela reste une moyenne et peut se modifier via divers facteurs (stress, post-accouchement, absence de contraceptif, désir d’être enceinte…).

Lors d’un cycle menstruel, l’endomètre permet à l’ovule fécondé de s’installer dans la muqueuse utérine. Si il n’y a pas de fécondation, cette muqueuse s’écoule sous forme de règles.

Chaque mois, les ovaires produisent les ovules et sont responsables des hormones indispensables au développement de l’endomètre : les oestrogènes (permettant l’augmentation de l’épaisseur de l’endomètre) et la progestèrone (augmentant après l’ovulation et permettant à l’endomètre de perdurer). Ce cycle se répète jusqu’à la ménopause, entrainant, -par la force des hormones-, des modifications corporelles et comportementales plus ou moins supportables.

L’effet du contraceptif

Un contraceptif hormonal (pilule, implant, anneau vaginal…) joue, -au-delà de sa fonction première-, un rôle dans les comportements, envies, besoins intimes d’une femme. Souvent stabilisateur, la prise d’un traitement peut parfois amener à une forme de neutralité dans les ressentis physiques (douleurs ou intensité sexuelle) et/ou émotionnels. La variabilité périodique (affective et sexuelle) vécue sans contraceptif est dans ce cas, amoindrie. De par cette protection contre une éventuelle grossesse, la libido (même si cela reste aujourd’hui minime) est même pour certaines, plus en berne tout au long du mois.

(Si le contraceptif n’est pas hormonal {préservatif, stérilet cuivre…}, il n’a aucune répercussion sur les modifications possibles citées ci-dessous.)

Sans contraceptif, le cycle menstruel d’une femme ferait donc bien varier son désir pour son partenaire.

L’approche des règles

Humeur changeante, maux de tête, fatigue, seins tendus, sensibilité émotionnelle… Chaque femme vit inégalement cette période qui reste rarement sans conséquence(s) spécifique(s) et désagréable(s).

Entre l’ovulation (milieu du cycle) et les règles, la femme connaît une fluctuation hormonale considèrable : la sécrétion d’oestrogènes baisse tandis que celle de la progestérone augmente. Cette dernière chute à son tour en l’absence de grossesse.

Puisque la sexualité est aussi régie par les hormones, comment intéragit le désir sexuel face à ces changements perpétuels ?

Désir et activité sexuelle

Diverses études confirment que les femmes (célibataires ou non) ont plus d’envies aux alentours de l’ovulation. Même si cela semble évident quant à la nature procréative (et inconsciente) de la sexualité, il ne faut surtout pas s’arrêter à la seule puissance hormonale qui, heureusement, ne régule pas tout ! À l’évidence, de nombreux facteurs non-biologiques chamboulent l’excitabilité sexuelle féminine, ce qui rend le rôle précis des hormones difficile à isoler et à démontrer.

En dehors de ce milieu de cycle, il n’existe pas de périodes plus ou moins fortes de sursauts érotiques. La plus grande régularité du désir masculin cacherait des hypothétiques variantes dans la première et seconde partie du cycle.

Les femmes en couple recherchent plus facilement les temps de repos (le week-end et les vacances) pour faire l’amour, ou encore les moments où elles sont moins susceptibles de tomber enceinte si ce n’est pas leur désir actuel. On imagine alors que les femmes célibataires seraient logiquement plus enclines à la spontanéité des rencontres mais les déterminants hormonaux et reproductifs sont très présents chez elles. Elles veulent réellement éviter tout “accident” et sont dans une attention plus ciblée des moments les plus propices. Les femmes en couple sont finalement celles qui s’éloignent le plus d’un rythme sexuel dicté par leurs hormones.

Milène Leroy

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