Nymphomanie, une hypersexualité féminine difficile à vivre

La sexologue Milène Leroy nous explique tout sur la nymphomanie.

NymphomaneDéfinition

De nombreux amalgames existent quand on aborde le thème de la nymphomanie. Une forte libido, une activité sexuelle sans tabou ou encore des habiletés de séduction n’impliquent pas obligatoirement chez une femme un comportement compulsif.

Revenons à la définition de ce trouble :

“Nymphomanie” vient de nymphe (une divinité de la mythologie mais signifie également “petites lèvres de la vulve”) et de manie (mania, qui en latin signifie folie).

C’est une pathologie rare que l’on nomme aujourd’hui l’hypersexualité. Il s’agit de comportements provocateurs (souvent via une séduction affirmée et visible) et/ou abusifs (notamment une dépendance aux relations sexuelles, à l’auto-érotisme et à la pornographie), permettant aux femmes de combler un désir sexuel impérieux. Les partenaires sont donc souvent multiples et les tourments psychiques associés, presque latents.

L’hypersexualité, une souffrance psychique et émotionnelle

Afin de dissocier une libido intense de la nymphomanie, il est essentiel de se référer à des questions de dépistage de l’addiction sexuelle.

En voici quelques unes qui peuvent aider à nuancer un jugement trop hâtif :

  • La sexualité est-elle une obsession pour vous ?
  • Les rapports sexuels sont-ils une réponse à un état d’anxiété, de dépression, de colère…?
  • Ressentez-vous un dégoût ou une forme de déprime après un rapport sexuel ?
  • Certains comportements sexuels sont-ils culpabilisants ou honteux pour vous ?
  • La multiplication et l’intensité des rapports sexuels restent insatisfaisantes pour vous ?
  • L’organisation journalière est t’elle rythmée par vos envies intempestives ?
  • Vos activités sexuelles vous ont elles fait perdre de vue la réalité du quotidien (relations familiales, professionnelles…) ?

Des réponses affirmatives à ces interrogations peuvent attirer votre attention sur ce que peut vivre et ressentir une personne atteinte de nymphomanie.

Une accumulation de coïts et d’auto-stimulations ne font que soulager des tensions corporelles et émotionnelles ingérables rendant globalement la relation amoureuse inexistante ou complexe. L’amant étant réduit au statut d’objet sexuel incapable d’assurer sa fonction de jouisseur.

C’est la manière d’expérimenter cette envie sexuelle plus que sa valeur quantitative qui va permettre d’identifier cette addiction. La souffrance liée à cet état, le passage à l’acte inévitable de l’acte sexuel ou de la masturbation, la consommation exacerbée de partenaires mais aussi de pornographie ne s’accordant jamais avec la notion de plaisir sont un nombre d’élèments permettant de poser un diagnostic.

D’où vient cette addiction ?

L’hypersexualité peut être considérée comme le symptôme d’une maladie (par exemple la bipolarité, les moments les plus critiques étant fortement présents lors des phases maniaques), comme une conséquence de divers traumas avec les hommes amenant à des comportements inconscients de “vengeance”, de besoins affectifs très forts… Est également émis l’hypothèse des effets secondaires de certains médicaments ou encore d’un déséquilibre dû à un dysfonctionnement des neurostransmetteurs.

Quel traitement ?

Au-delà d’une prise en charge médicamenteuse, -selon le poids des troubles et de leurs imbrications avec d’autres affections -, la sexothérapie permet d’analyser les comportements engageant inévitablement le passage à l’acte et facilite ainsi le dénouement de chaque phase. L’objectif et le cheminement sont les mêmes que pour toute autre addiction : il est essentiel de travailler sur le manque d’estime de soi.

Milène Leroy

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